Aujourd’hui, après 7 rallye Dakar et de nombreuses autres courses, Isabelle véhicule l’image d’une femme au tempérament bien trempé, faisant partie d’une élite extrêmement rare de sportifs ayant cumulé deux carrières totalement différentes et atteint le plus haut niveau mondial dans les deux.
Un constat s’imposait néanmoins : chaque personne qui croise Isabelle ou lorsqu’on parle d’elle, la question est « Es-ce qu’elle grimpe encore » ? Si cette question irritait un peu au début, Isabelle l’analysa avec son équipe de communication. Force était de constater que depuis son retrait du monde de l’escalade et depuis ses nombreux films sur ce sujet, personne n’avait pris le relais. Le public passionné de ce sport tellement visuel restait sur sa faim. Quand elle répondait par la négative à cette question, Isabelle pouvait lire la déception sur le visage de ses fans.
Pourtant, Isabelle avait des arguments valables pour arrêter l’escalade. Plus de 20 ans de pratique, dont dix au plus haut niveau, représentent beaucoup de sacrifices et de souffrance. Ses huit heures d’escalades quotidiennes, avec des chaussons serrés aux pieds, lui causent encore aujourd’hui des crampes terribles de la voûte plantaire. Et bien entendu, on ne peut pas rester au top toute sa vie. Ensuite, Isabelle prends beaucoup de plaisir au pilotage automobile et une saison de Rallye l’occupe toute l’année.
Finalement, c’est lors d’une séance de test d’un nouveau buggy dans le Sud du Maroc l’année dernière, qu’Isabelle envisagea un certain retour à l’escalade. Pas du tout un retour à la compétition, loin de là, mais un retour visuel. Un retour en image, dans un but de partage et de découverte. Pourquoi ne pas faire des documentaires, alliant l’escalade et la découverte d’une région, de ses habitants, des grimpeurs locaux, des associations sportives locales,… Tout en contentant ses fans, encore très nombreux, en pouvant cette fois leur répondre : « Oui, je grimpe encore, pour le plaisir et pour le partage » !!!
Une année fut nécessaire pour aménager et organiser le premier tournage à Agadir. Isabelle est amoureuse du Maroc depuis de nombreuses années. Les compétitions et les séances de test prennent souvent place dans ce pays merveilleux, si près de la France et tellement dépaysant. On trouve toutes les configurations de pistes pour la compétition automobile au Maroc. Du cailloux, de la montagne, du sable, des déserts magnifiques, du froid et de la chaleur, tout ce qu’il faut pour s’entrainer et tester les véhicules, à moins de 3 heures de vol de chez-nous. Ce qui inévitablement amène l’organisation de nombreux rallyes dans ce pays. Ajoutons à cela la qualité de l’accueil et la gentillesse des Marocains, apportant la dimension de chaleur humaine, de rencontres et de partages, ingrédients essentiels pour vivre de formidables aventures.
Pourquoi choisir Agadir pour ce premier tournage et ce retour à l’escalade ? Pour son climat, pour la beauté des paysages, pour la multitude de sports et d’activités de plain air que l’on peut y pratiquer. Et aussi parce que Marc d’Haenen, ami de longue date et responsable de la communication d’Isabelle y habite. Paradoxalement, la région d’Agadir n’est pas connue pour l’escalade. On s’imagine plus y pratiquer la farniente et la balnéo. Néanmoins, la section locale du Club Alpin Français y est très active. Sous la conduite de Philippe Alléau, cette section a découvert et commencé d’équiper un site d’escalade au potentiel énorme. C’était là une façon de faire connaître ce site et d’aider à son développement, dans une logique de partage, qui sera le fil conducteur de ce documentaire.
Isabelle ne voulait pas uniquement escalader, mais aussi découvrir la région et pratiquer d’autres activités. C’est ainsi qu’elle pu réaliser un vieux rêve : faire du surf sur les vagues. Depuis longtemps Isabelle voulait essayer ce sport. Agadir étant l’un des « Hot Spot » mondiaux de la discipline, ce fut donc chose aisée que de faire une initiation dans les vagues de l’Atlantique. Une expérience très motivante qui enchanta Isabelle et étonna les moniteurs par la dextérité et la rapidité avec laquelle Isabelle réussit à tenir sur la planche. Visiblement, quand on est un sportif de haut niveau, on a une connaissance de son corps dans l’espace et un équilibre hors norme. Ces facteurs expliquent que les sportifs ont des aptitudes différentes des autres.
Rencontre et partage aussi avec Harite Gabari, le premier Marocain à participer au Dakar, en moto, et à terminer ce rallye avec un excellent résultat. Harite accueillit Isabelle dans son magasin d’Agadir et l’invita à une randonnée en Buggy dans la région. La découverte des dunes plantées d’eucalyptus et des plages sauvages fut un moment d’enchantement. Harite aussi fut très heureux d'organiser cette randonnée avec une grande championne.
Entre les différentes découvertes touristiques, notamment au Souk Al Had d’Agadir, le plus grand souk urbain d’Afrique, ou la traditionnelle montée à Agadir Oufella, sur les vestiges du tremblement de terre de 1960, Isabelle découvrit la région d’Imouzzer. A quelques kilomètres d’Agadir, au cœur des montagnes de l’Atlas, Imouzzer et la Vallée du Paradis regorgent de falaises. Une exploration des lieux était donc intéressante. Si finalement le potentiel « escalade » y est réduit par une texture de rocher ne se prêtant pas à la pratique de ce sport, Isabelle y a découvert bien d’autres choses. Un guide herboriste l’initia au secret des plantes médicinales, lors d’une magnifique randonnée aux cascades d’Imouzzer. Elle y découvrit un potentiel énorme pour la spéléologie, avec des gouffres et des cavernes inexplorées, de superbes sites pour le canyoning et la descente en rappel de cascades et bien d’autres choses… Dont le magnifique Hôtel des Cascades. Un établissement de charme idéalement situé en haut des cascades, avec une vue imprenable depuis la terrasse.
Vers la fin du séjour, Thierry Delli Zotti: le compagnon, co-pilote et mécanicien d’Isabelle, à rejoint l’équipe. Il avait été retenu en France pour les derniers préparatifs du prochain Rallye-Dakar. Ensembles ils ont découvert la gastronomie et le potentiel hôtelier d’Agadir. Avec notamment une visite du nouvel ensemble d’appart-hôtel de la Marina d’Agadir, mis en place par la société Royal Atlas, mais aussi du Sofitel avec son magnifique Riad ou de l’Hôtel Kenzi et ses jardins tropicaux. Quelques moments forts, avec une soirée dans l’un des restaurants les plus anciens d’Agadir, Mimi la Brochette, sur la rocade face à la mer. Un établissement incontournable depuis plus de 30 ans, proposant une cuisine simple et de qualité, mettant à l’honneur les produits locaux, dans une ambiance familiale. Le patron accompagnant le repas de quelques notes à la guitare, sur des airs bien connus que les convives fredonnent en cœur… Ou la dégustation de poissons frais, face à la mer, sur la terrasse de l’hôtel des Dunes d’Or…
Une dernière rencontre très prometteuse avec Béatrice Bertrand, la Directrice de l’Institut Français d’Agadir, amène vers le futur et la possible mise en place de partenariats avec Isabelle. Pourquoi ne pas proposer des initiations à l’escalade aux enfants ? Pourquoi pas un mur d’escalade mobile qui sillonnerait les régions du Maroc ? La promotion du bien-être par le sport, une notion qu’Isabelle soutient depuis très longtemps, pourrait prendre ici tout son sens… Mais ne brûlons pas les étapes, l’avenir nous réservera certainement de nouvelles aventures, sportives et humaines…
Isabelle et Thierry ont repris le chemin vers la France et entamé la dernière ligne droite vers le prochain Dakar en Amérique du Sud. Au retour vers l’aéroport ils nous ont confié leur volonté de revenir prochainement au Maroc, pour découvrir une autre région, riche elle aussi de par son potentiel touristique, de découverte et d’escalade : le Grand Sud, Ouarzazate et la vallée du Todra. D’ici là, le montage et la postproduction du documentaire « Agadir » seront terminés et les images auront certainement fait rêver bon nombre de fans d’Isabelle, heureux de la voir escalader à nouveau…
Texte et photos : Marc d’Haenen (en collaboration avec les étudiants de la FPO).
Partenaires et remerciements:
La Wilaya d’Agadir
Le Souk Al Had d’Agadir
Hôtel Sofitel Agadir
Hôtel Kenzi Agadir
Atlas Marina Beach Suite & Spa Agadir
Hôtel Les Cascades Imouzzer
Restaurant « Mimi La Brochette » Agadir
Restaurant « Les dunes d’Or » Agadir
Restaurant « 33 Yacht Adress » Marina Agadir
Le Club Alpin Français d’Agadir
Rando Sud Maroc
Quick Surf Agadir
L’Institut Français d’Agadir
Diffazur Group – Canon Maroc
Akfar Consultance
DBG Distribution Maroc
Faculté Polydisciplinaire de Ouarzazate
Au Soleil Productions Agadir
Edisud Agadir









































































